Issus du livre Illusions – Récit d’un Messie récalcitrant de Richard Bach, les extrtaits suivants du « Guide du Messie » ont été compilés et recopiés ici, les uns à la suite des autres, pour le simple plaisir de leur lecture en continue ainsi que pour les semences de sagesse qu’ils contiennent. Dans le roman, chacun de ces paragraphes constitue une page de l' »Aide-mémoire pour âme évoluée » que l’on consulte pour avoir une réponse à un questionnement interne. Sans plus de préambule, les voici :

 


Aide-mémoire pour âme évoluée


Perspective
Utilise-la ou perds-la
Si tu t’arrêtes à cette page,
tu es en train d’oublier que ce qui se
passe autour de toi n’est pas la réalité.
Réfléchis à cela.

Rappelle-toi d’où tu viens,
où tu vas, pourquoi tu as créé
le désordre où tu t’es mis pour commencer.

Tu vas mourir d’une mort horrible, souviens-t’en.

Tout est un bon exercice, et tu en auras
plus de joie si tu gardes ces faits
présents à l’esprit.

Prends ta mort au sérieux, toutefois.

Rire sur le chemin de son exécution
n’est pas compris en général par les formes-de-vie-moins-évoluées
et ils te traiteront de fou.

* * *

Apprendre,
c’est découvrir
ce que tu sais déjà.

Faire, c’est démontrer que
tu le sais.

Enseigner, c’est rappeler aux autres
qu’ils savent aussi bien que toi.
Vous êtes tous apprenants,
faisants et enseignants.

* * *

Ta seule
obligation en n’importe quelle vie
est d’être vrai envers toi-même.

Être vrai envers quelqu’un d’autre ou
quelque chose d’autre n’est pas seulement
impossible mais c’est la
marque d’un faux
messie.

Les
questions les plus simples
sont les plus profondes.

Où es-tu né ? Où est ta maison ?
Où vas-tu ?
Que fais-tu ?

Réfléchis à ces questions
de temps en temps, et
observe tes réponses qui
changent.

* * *

Vis
de façon à n’avoir jamais
honte si n’importe lequel de tes actes
ou paroles est exposé
à la face du monde,
même si
ce qui est exposé
n’est pas vrai.

Tes amis
te connaîtront mieux
à la première minute de rencontre
que
tes relations ne te
connaîtront au cours
de mille
années.

La
meilleure façon
d’éviter la responsabilité
est de dire : «J’ai
des responsabilités.»

* * *

Tu es conduit
à travers le temps de ta vie
par la créature intérieure qui apprend,
l’être spirituel alerte
qui est ton moi réel.

Ne t’écarte pas
des futurs possibles
avant d’être certain que tu n’as rien
à apprendre d’eux.

Tu es toujours libre
de changer d’idée et de
choisir un futur différent ou
un différent
passé.

* * *

Il n’est jamais problème
qui n’est un cadeau pour toi
entre ses mains.

Tu cherches des problèmes
parce que tu as besoin
de leurs cadeaux.

* * *

Le lien
qui t’unit à ta vraie famille
n’est pas celui du sang, mais
celui du respect et de la joie, dans
la vie de chacun des membres.

Il est rare que les membres
d’une même famille grandissent
sous le même
toit.

* * *

Discute
pour tes propres limites,
et à coup sûr
elles sont
à toi.

* * *

Imagine
l’univers : beau
et juste et
parfait,

Puis soit assuré d’une chose :
l’Être l’a imaginé
infiniment mieux
que tu ne l’as
fait.

* * *

Un nuage ne sait pas
pourquoi il se déplace justement dans
telle direction et à telle
vitesse,

Il ressent une impulsion… C’est
la place où il doit aller maintenant.

Mais le ciel connaît
les raisons et les modèles
derrière tous les nuages,
et tu les connaîtras aussi, lorsque
tu t’élèveras assez haut
pour voir au-delà
des horizons.

* * *

Il ne t’est
jamais donné un désir
sans que te soit donné le
pouvoir de le rendre réalité.

Tu peux
être obligé néanmoins
de peiner
pour cela.

* * *

Le monde
est notre cahier d’écolier, sur ses
pages nous faisons nos exercices.

Il n’est pas réalité,
quoique tu puisses y exprimer de la réalité
si tu le désires.

Tu es également
libre d’écrire des inepties,
ou des mensonges, ou de déchirer
les pages.

* * *

Le
péché originel, c’est
de limiter l’Être.

Ne le fais pas.

* * *

Si
tu veux
t’exercer à être fictif
quelques temps, tu comprendras
que tes personnages fictifs sont
parfois plus réels que
les gens possédant des corps
et des cœurs battants.

* * *

Ta
conscience est
la mesure de
l’honnêteté de ton égoïsme.

Écoute-la
avec grand soin.

* * *

Chaque personne,
tous les événements de ta vie,
sont là parce que tu
les as attirés là.

Ce que tu choisis
de faire avec eux
n’appartient qu’à
toi.

* * *

La
vérité que tu
dis n’a ni passé
ni futur.

Elle est,
et c’est tout ce
qu’il faut être.

* * *

Voici
une épreuve pour découvrir
si ta mission sur la terre
est terminée :

Si tu es vivant,
c’est qu’elle ne l’est pas.

* * *

Afin de
vivre libre et joyeux
tu dois sacrifier
l’ennui.

Ce n’est pas toujours un
sacrifice facile.

* * *

N’ayez point
de crainte au moment de l’au revoir
un adieu est nécessaire avant
de pouvoir se retrouver
encore.

Et ceux qui sont
amis sont assurés de se
retrouver encore,
après des instants
ou des vies.

* * *

Le signe
de ton ignorance, c’est la profondeur
de ta croyance en l’injustice
et en la tragédie.

Ce que la chenille
appelle la fin du monde,
le Maître l’appelle
un papillon.

* * *

Tout
dans ce livre
peut être
faux.

 


Source : Richard Bach, Illusions, Flammarion, 1978.