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Télépathie, voyance, médiumnité, prémonition, intuition, clairvoyance… Voilà, sans exception, des mots qui figurent tous dans les dictionnaires usuels. Cet état de fait est à la fois surprenant et à la fois normal : la science moderne a beau rejeter du revers de la main ces phénomènes dits « inexpliqués » (faute de reproductibilité stable), un nombre impressionnant de gens vivent ces phénomènes régulièrement, et ce, depuis la nuit des temps.

En effet, de toutes les traditions et de toutes les époques, la communication psychique, peu importe sa forme, était présente. Elle était soit un signe de possession ou, à l’inverse, de don divin. Et, en ce sens, notre époque ne diffère pas : soit on médicamente, soit on en fait un best-seller de canalisation angélique. Et bien que la stigmatisation demeure la trame de fond, l’Europe a vécu sa mode des tables tournantes vers le milieu du 19e siècle en même temps que les États-Unis ont vu les sœurs Fox parler d’esprits frappeurs et que la planche OUIJA, telle que nous la connaissons, est née. Il y a plus ou moins 2000 ans, un livre culte (qui est toujours à la mode) où sont consignées les paroles de « Dieu » fut écrit par mains d’hommes. Même chanson, couplet différent. Et malgré les croisades, les chasses aux sorcières, la chasse aux sectes de la MILIVUDES et la chasse aux maladies mentales du DSM-5, les mots télépathie, voyance, médiumnité, prémonition, intuition, clairvoyance, etc. persistent et signent en demeurant dans les dictionnaires usuels confirmant ainsi clairement la réalité de ces phénomènes, et ce, que nous y croyions ou non.

Bref historique de l’incursion scientifique

De nos jours, nous vivons à une époque où la production de biens et la consommation de ces derniers sont devenues la raison numéro un de vivre – économie oblige. Pour survivre en tant que scientifique, il faut donc suivre ce courant, c’est-à-dire que l’objet de notre recherche doit aboutir à une quelconque mise en marché qui sera lucrative, sans quoi pas de subventions, donc pas de recherche. Mais il y a eu et aura toujours des exceptions.

La Society for Psychical Research (Société de recherches psychiques), fondée à Londres en 1882, avait pour unique but des recherches « paranormales » sur des sujets tels que la télépathie, le mesmérisme, la clairvoyance, les apparitions de fantômes, les poltergeists, etc. Et ce sont des scientifiques de renom et des chercheurs accrédités et reconnus – tant par les établissements d’enseignement supérieur que par la caste dirigeante de l’époque – qui ont su recueillir une quantité de données empiriques pour « s’attacher à l’étude de ces questions nouvelles, sans préjugés ni préventions d’aucune espèce, dans le même esprit d’exacte et impartiale recherche qui a permis à la science de résoudre tant de questions tout aussi obscures, tout aussi chaudement débattues ». Le journal de la société ainsi que ses publications Preceedings ont laissé un héritage sans pareil à la littérature. Ainsi, entre la fin du 19e et le début du 20e, ce n’est pas moins de 12 pays qui ouvriront un centre de recherche psychique de la sorte.

Tout aussi notoire est l’explosion des recherches de ce type en URSS après le règne de Staline. Dès le début des années 1960, des sommités de tous domaines (géologie, physiologie, génie, biologie, etc.) se sont lancés tête première dans l’étude des phénomènes de PES (perception extrasensorielle). Largement financées par l’État, ces recherches ont donné naissance à nombre de technologies, dont la fameuse photographie Kirlian, ainsi qu’à de meilleures compréhensions de certains de ces phénomènes. La littérature qui en est née est d’une richesse incomparable.

Mais bien que l’engouement initial de la part des chercheurs fut une meilleure compréhension de la réalité invisible « pour le bien de l’humanité », sous ce « généreux » budget se cachaient inévitablement des intentions militaires (espionnage psychique, manipulation de la psyché, etc.). À l’autre bout de la Guerre froide, idem : les États-Unis, en réponse aux avancées de l’Est, ne ménagèrent ni LSD ni cobayes pour tenter de militariser la psyché humaine (projet MK-Ultra, Artichoke, Bluebird, etc.).

Bien qu’il ne soit pas plaisant de considérer les implications de ce sombre aspect tout droit tiré d’un film de série B, la militarisation de la psyché demeure pour les sceptiques LA référence prouvant hors de tout doute que la communication psychique existe. Budget de plusieurs milliards à l’appui.

Notons aussi, sur une note plus légère, que les services de police de par le monde utilisent régulièrement, et depuis longtemps, l’assistance de médiums pour aider l’avancement de certaines investigations – localiser des criminels, retrouver des personnes disparues, etc. Étonnant, alors, qu’une vaste portion de la population ne « croit » tout simplement pas auxdits « pouvoirs » de l’esprit.

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Quelques concepts clés

L’inconscient, l’iceberg de la pointe

Premièrement, il est primordial d’établir clairement que lorsque nous parlons de psyché ou de psychisme, nous parlons en réalité de l’inconscient. Bien qu’il soit coutume de concevoir le psychisme comme étant principalement la partie consciente de nous-mêmes, c’est une erreur. À ce titre, il faut commencer par comprendre quelle partie de nous est consciente et quelle partie est inconsciente. Les récentes études et avancées scientifiques dans le domaine des neurosciences dressent un portrait de la psyché qu’il peut être malaisé pour plusieurs de contempler à sa juste valeur. Timothy D. Wilson, professeur de psychologie à l’Université de Virginie et auteur de Strangers to Ourselves (Étrangers à nous-mêmes), en écrit ceci :

Selon la perspective moderne, la vision de Freud de l’inconscient était de loin trop limitée. Quand il disait que la conscience est le sommet de l’iceberg mental, il était un peu loin du compte – elle serait plus de la taille d’une boule de neige au sommet de cet iceberg.

[…] Plus précisément, les humains possèdent une collection de modules qui ont évolué au cours du temps et opèrent en dehors de la conscience.

[…] Ces parties de l’esprit sont inaccessibles à la conscience vigilante – très probablement car elles ont évolué avant que la conscience ne le fasse.

[…] La vision moderne de l’inconscient est qu’un tas de choses intéressantes sur l’esprit humain – les jugements, les sentiments, les motivations – se produisent en dehors de notre vigilance pour des raisons d’efficacité et pas à cause du refoulement.

[…] Notre esprit a évolué de manière à opérer en grande partie en dehors de la conscience…

[…] En d’autres termes, nous en savons moins que nous le pensons sur notre propre esprit et exerçons moins de contrôle sur notre esprit que nous le pensons.

Nous devons donc prendre en considération l’important fait que les mécanismes inconscients contrôlent l’écrasante majorité de notre activité cérébrale, et ceci « pour des raisons d’efficacité » évidente : selon une estimation, nous pouvons traiter consciemment environ 40 informations par seconde alors que nous en recevons pas moins de 11 millions. Il reste donc 10 999 960 informations par secondes reçues qui doivent tout de même être traitées et ceci ne se fait clairement pas de façon consciente.

Dans le même sens, une étude publiée en mars 2014[1], réalisée par un groupe de scientifiques du MIT et de plusieurs autres universités, montre que, pour éviter de perde la raison et de vivre une expérience hallucinatoire, le cerveau filtre l’information avec un délai d’environ 15 secondes. Selon Jason Fischer, « ce que nous voyons présentement n’est pas un cliché fidèle du monde, mais plutôt un mélange de ce que nous avons vu durant les 10 à 15 dernières secondes ». Cette étude démontre que notre cerveau semble compacter le flux d’information qu’il reçoit pour donner lieu à une vision stable et cohérente du monde. En quelque sorte, le cerveau conscient ne peut s’exposer à cette multitude d’informations sans sombrer dans une « expérience hallucinatoire ».

Il est important de conserver ces notions en mémoire car c’est là un excellent indicateur de ce que sont, en réalité, nos pensées.

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Imagerie cérébrale et captation de la pensée 

C’est le neurologue allemand Hans Berger qui fut un des premiers à utiliser l’électroencéphalographie sur des humains dans les années 1920. Il enregistra ainsi les premiers signaux d’activité cérébrale. À cette période, Ferdinando Cazzamalli collabore avec Hans Berger afin de tenter de mettre en évidence le fait que les courants électriques issus de l’activité cérébrale pourraient être à l’origine de la transmission d’informations entre individus par télépathie. Pour Cazzamalli « les activités mentales sont à la base d’émissions électromagnétiques captables à distance ». En effet, qui dit électricité, dit forcément magnétisme, ces deux forces étant intriquées. Et qui dit électromagnétisme, dit propagation d’ondes. Propagation étant ici le terme clé. D’ailleurs, de l’électroencéphalographie nous avons logiquement récemment progressé vers la magnétoencéphalographie.

De nos jours, capter les pensées à l’aide de la technologie est chose commune. Nous activons des prothèses robotiques et pilotons des drones de cette façon[2]. Des expériences ont même été réalisées avec des singes qui, par la pensée, téléguidaient les membres d’un autre singe « avatar »[3]. Quand la science dépasse la fiction…

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La pensée qui voyage

Certes, la nature électromagnétique des pensées offre à la logique une occasion de saisir la possibilité que la télépathie et autres phénomènes connexes aient une explication scientifique fondée. Par contre, ce n’est pas si simple. Une grande partie des phénomènes de communication psychique se font à grande distance, en temps réel et surtout peuvent faire incursion dans le passé et même dans le futur, aussi lointains soient-ils. Ainsi, pour encadrer scientifiquement de telles possibilités, il nous faut considérer ce que la science moderne admet ouvertement : nous vivons dans un monde multidimensionnel dont le nombre de dimensions dépasse largement ce que nos sens habituels sont en mesure de capter. En effet, les scientifiques admettent non seulement que des dimensions additionnelles peuvent exister, mais que celles-ci sont requises pour un grand nombre de calculs et d’explications de la réalité. La théorie de Kaluza-Klein qui utilise 5 dimensions spatio-temporelles, la théorie des cordes qui en utilise 10, 11 ou 26 ou encore la physique quantique qui œuvre dans un espace de dimensions infinies en sont de bons exemples. De ces conceptions, il est plus aisé de comprendre que « quelque chose » puisse voyager d’un point A au point B sans devoir traverser l’espace/temps tel que nous le concevons de façon macroscopique. D’une conscience à une autre, sans frontières spatiales ou temporelles.

D’ailleurs, notons que les notions traditionnelles de temps linéaire s’effritent peu à peu au fil des découvertes scientifiques. En 2008, Holger B. Nielsen et Masao Ninomiya, deux physiciens de renom, publient un document où ils osent l’hypothèse d’une possible influence du futur sur le présent. Deux ans plus tard, c’est Philippe Guillemant[4], physicien au CNRS, dans son livre La Route du Temps, qui développe la thèse que les synchronicités sont dues à une double causalité. Nos intentions causent des effets dans le futur qui deviennent par la suite les futures causes d’un effet dans le présent. Pour lui, tous les futurs possibles sont en création constante et une action/intention présente potentialise davantage un futur qu’un autre. Ainsi, par une sorte d’effet diapason, le présent se met à l’unisson avec le futur le plus probable de réalisation. De cette façon, nous avons constamment des échos d’un futur probable : synchronicités, prémonitions et intuitions y trouvent leur compte.

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La pensée qui influence

Nous avons tous entendu dire que parler à nos plantes les rendait heureuses ou, du moins, rendait leur croissance plus harmonieuse. Ce n’est pas là une légende urbaine. En 1966, Cleve Backster, un spécialiste du détecteur de mensonges pour la CIA, eut l’idée de brancher son polygraphe aux feuilles d’une plante « juste pour voir ». Il décrit son expérience ainsi :

Je me demandai donc comment je pourrais menacer le bien-être de la plante [afin qu’elle réagisse et que le polygraphe le détecte]. Je commençai par immerger une des feuilles dans une tasse de café chaud. La réponse de la plante, si tant est qu’on puisse la définir ainsi, fut ce que j’identifiai plus tard comme de l’ennui : un graphique descendant. Mais plus tard, après le début de l’enregistrement, l’idée me vint de brûler cette feuille, acte que je visualisais. Pas un mot, pas un geste, pas un contact avec l’appareillage, la seule chose qui eut pu stimuler la plante était mon image mentale. Et cependant elle devint comme folle : le marqueur franchit carrément le bord supérieur du papier.

Cette expérience, aisément reproductible, nous amène à considérer que les cellules vivantes, même végétales, se révèlent sensibles aux émotions et aux intentions se produisant dans leur environnement. La littérature recèle de nombreuses expériences qui vont aussi en ce sens.

Rupert Sheldrake biochimiste à l’Université de Cambridge a travaillé sur le concept de « résonance morphique ». Pour Sheldrake, il existe des « régions d’influence non matérielles s’étendant dans l’espace et se prolongeant dans le temps ». En 2003, il publie La sensation d’être observé par quelqu’un. Un ouvrage sur l’effet psychique du regard, comprenant une expérience au cours de laquelle des sujets, yeux bandés, doivent dire s’ils croient qu’on les regarde. Il fait état que sur plus de 10 000 essais, les résultats sont systématiquement supérieurs à 60% quand le sujet est effectivement regardé, mais n’atteignent que les 50% (la normale du hasard) lorsque le sujet n’est pas regardé. Ces résultats suggèrent une capacité à ressentir le regard de quelqu’un. [5]

Pier Rubesa est un chercheur canadien et fondateur du Institute for Bioharmonic Research en Suisse et l’inventeur du Bioscope[6]. Son domaine d’étude : les champs électriques qu’émet le vivant, tout le vivant; les êtres humains, les animaux, l’eau, mais aussi les cellules, les organes, etc. Selon Rubesa :

Ce phénomène est un champ subtil, un champ électrique à la fréquence audio, dans les basses fréquences, que l’on peut entendre d’une manière électrique, mais pas acoustique. Il est tout le temps présent autour de nous : c’est la musique silencieuse d’une interaction entre les êtres humains, mais aussi avec les animaux, les plantes

L’effet d’entraînement et le cerveau diapason

Ceci rejoint un des thèmes récurrents abordés par les Enseignements Traditionnels (soient-ils soufisme, orthodoxie chrétienne, quatrième voie ou autres). On nous y apprend à savoir faire la différence entre nos propres émotions, nos propres états mentaux et ceux « projetés » par notre entourage. L’exemple est souvent donné d’une personne qui entre dans une pièce bondée. Peu importe l’état émotionnel originel dans lequel se trouvait cette personne, elle sera très rapidement entraînée par la vague émotionnelle générale qui règne dans la pièce par un effet de synchronisation psychique. En ces circonstances, nous ne sommes pas maîtres à bord et c’est la raison pour laquelle les Enseignements Traditionnels pointent tous vers le même but, le même « éveil » qu’est celui de la délivrance de ce qu’ils nomment la « transe hypnotique » qui affecte le genre humain.

Actuellement, il existe sur le marché nombre d’appareils de stimulations sonores et visuelles qui utilisent l’effet d’entraînement du cerveau pour induire des états de conscience précis. Ce sont généralement des lunettes comprenant des lumières couplées à un casque d’écoute où sont émis des sons binauraux et des fréquences lumineuses bien précises. On entraîne ainsi aisément le cerveau à se synchroniser avec ces fréquences et à entrer, disons, en zone thêta afin d’induire une relaxation profonde, ou à l’inverse vers les zones gamma pour une activité intellectuelle accrue. Notre cerveau réagit exactement comme le fait un diapason : il harmonise sa fréquence à celle de son entourage immédiat et des stimulus qu’il reçoit. Et ce, que nous les percevions consciemment ou non. Certes, ceci a une fonction qui, dans bien des cas, peut être bénéfique. Une marche en forêt sera ainsi automatiquement relaxante puisque le rythme de la nature calmera l’agitation mentale par effet d’entraînement. Par contre, il en va de même pour une promenade en ville : la rapidité et la frénésie gagneront rapidement sur notre état intérieur.

Nous avons ici un couteau à double tranchant. D’une part, cette synchronisation mécanique du cerveau permet de se mettre en phase avec les êtres vivants et notre environnement. C’est d’ailleurs cette harmonisation qui permettra une communication psychique par « partage d’état ». D’autre part, c’est aussi signe que nous ne sommes pas maîtres à bord lorsque l’effet diapason de notre cerveau n’est ni requis ni désiré ou même nuit à notre comportement et notre développement.

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En pratique

La radiesthésie

À ce point, la notion de radiesthésie (technique vieille comme le monde) n’apparaît plus comme une science mystérieuse, mais comme une suite logique à cet article : « La radiesthésie est un procédé de détection fondé sur la sensibilité des êtres vivants à certaines radiations qu’émettraient différents corps. Elle permettrait de localiser des sources, retrouver un objet perdu, un trésor ou une personne disparue, établir un diagnostic médical, déterminer la profondeur d’un puits, etc. »[7]. Oui, c’est l’art du bon vieux « sourcier » avec sa baguette qui localise les cours d’eau souterrains, mais c’est aussi bien plus que cela. Par une certaine forme de communication psychique, l’utilisateur de la baguette ou du pendule en arrive à obtenir des informations par le biais de son instrument.

Où, quand et comment sont des questions auxquelles la radiesthésie peut répondre. Le pendule est, en ce sens, très pragmatique et d’une simplicité déconcertante. En utilisant la technique d’un demi-cercle tracé sur papier et sectionné selon le nombre de réponses possibles, trouver un objet, par exemple, devient un jeu d’enfant.

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Exemple de grille pour localiser un objet.

 

D’ailleurs, nul besoin de recueillement préalable, d’un pendule de luxe ni même de gabarit précis comme l’image ci-haut : n’importe quoi au bout d’une corde, quelques mots écrits sur un bout de papier qui traîne et un coin de comptoir suffisent amplement. Il n’y a rien de mystique à la pratique du pendule : une mini dose de laisser-aller, l’envie d’expérimenter ou le simple désir de trouver un objet suffit. Avec l’habitude, il est possible de complexifier un tantinet notre maniement du pendule pour y inclure rotations et oscillations en leur attribuant une signification. C’est d’ailleurs notre conscient qui dictera à l’avance les règles : sans utiliser de gabarit, nous déciderons ce que représentera un mouvement gauche-droite (par exemple « non »), haut-bas (par exemple « oui ») ou une rotation sens horaire (par exemple « peut-être), etc. Nous dictons les règles du jeu, nous encadrons consciemment la communication et laissons notre subconscient répondre à nos interrogations.

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L’effet idéomoteur

L’effet idéomoteur est un phénomène psychologique où un sujet exécute des mouvements musculaires inconscients.

Hans Bender, psychologue et médecin allemand, présenta en 1933 une thèse de doctorat sur l’automatisme psychologique et démontra le rôle des effets idéomoteurs par rapport aux phénomènes dits paranormaux, et l’intérêt des effets idéomoteurs pour déceler des traces de la psychologie subconsciente des individus. En 1950, il ouvrait l’« Institut pour les zones frontière de la psychologie et la psychohygiène ». Et bien qu’une partie de ses recherches et enseignements soient du côté des « frontières de la psychologie » (la parapsychologie), la majorité demeurait du côté de la « psychologie normale » via l’intermédiaire des effets idéomoteurs.

Cette connaissance ne date pas d’hier : l’activité idéomotrice est décrite dans la littérature médicale depuis 1852. Selon William Benjamin Carpenter, l’inventeur du terme, des mouvements musculaires peuvent se produire indépendamment de la volonté. Il est possible de recevoir à notre insu, de la part d’autrui ou à la suite de nos propres observations, des suggestions susceptibles d’influencer notre état d’esprit et notre comportement moteur.

Aux yeux de la science actuelle, la divination du type radiesthésie/pendule relève « simplement » de l’effet idéomoteur. Et il serait difficile d’être en désaccord avec cette affirmation car c’est là tout le secret! C’est là que convergent tous les aspects de la communication psychique, soit-elle canalisation par écriture automatique, communication « spirite » via une planche de type OUIJA ou même une profonde transe où la voix du médium est utilisée pour communiquer. Transmission de pensées, d’émotions ou d’intentions par synchronisation entre deux consciences via l’inconscient (le psychisme) et retransmission sous forme orale ou écrite par « mouvements musculaires inconscients ». Technologiquement, c’est l’analogie du modem (MODulation/DÉModulation), celle du décodeur du téléviseur ou encore du poste radio : il y a réception, modulation et décodage, puis remodulation sous une autre forme.

Ce processus est impossible à réaliser de façon consciente étant donné le nombre et le type d’informations captées, transformées et reproduites. Souvenons-nous que le cerveau conscient ne peut s’exposer à cette multitude d’informations sans sombrer dans une « expérience hallucinatoire ». Par contre, ce processus peut être encadré par notre conscient en définissant un protocole d’opération incluant certains objets, un mode opératoire et une connaissance du terrain. C’est là tout l’art de la communication psychique exploratoire.

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La disponibilité de l’information

D’où proviennent les informations auxquelles nous accédons par la communication psychique? Lorsque nous trouvons un objet dont nous ne connaissions ni la taille ni la couleur car nous ne l’avions jamais vu, d’où nous est venue la réponse qui était exacte? Les sources sont multiples : notre propre psyché, celle d’une autre personne, d’un animal, d’une plante, etc. En réalité, toute forme de conscience, aussi basique soit-elle, contient une myriade d’informations des plus diverses. La communication psychique ne s’arrête pas à la communication entre deux personnes ou à l’influence des émotions d’une foule. Ses connexions sont multiples, multidirectionnelles et s’étendent par-delà la limite conceptuelle de l’espace-temps. Il faut voir chaque conscience reliée entre elles par un nombre infini de connexions, un peu comme un cerveau effectue des connexions entre ses synapses ou comme l’univers relie ses planètes, ses soleils et galaxies par des forces telle la gravité.

David Constantine du New York Times publiait, en 2006, un court article comparant visuellement une représentation informatique de l’Univers et une photographie des neurones d’une souris. Cette image a fait le tour de monde et pour cause : elle représente exactement une réalité qui semble nous échapper au quotidien, à savoir la maxime hermétique « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

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Oui, tout est interrelié. Chaque conscience, chaque atome, chaque soubresaut d’énergie, chaque pensée, chaque être… Absolument tout.

La planche spirite

Plus complexe, la planche spirite (communément appelé OUIJA d’après son nom commercial) offre une expérience de communication psychique beaucoup plus riche que peut le faire le pendule. Certes moins pragmatique au départ, plus chronophage et plus sujette aux erreurs, elle permet cependant un niveau de communication aussi riche que peut l’être la langue écrite – même plus. Bien entendu, qui dit planche spirite dit : « Esprit es-tu là? » et aussitôt le ridicule du paranormal courbe nos lèvres vers le haut. Et bien qu’il y ait clairement une dimension parapsychologique à ce type d’expérience, il n’en demeure pas moins que l’exploration de notre propre inconscient via l’effet idéomoteur s’avère un outil des plus performants et des plus surprenants.

La majorité d’entre nous n’oserait jamais associer une planche de type « OUIJA » au domaine de la recherche scientifique, et pourtant. En 2010, Hélène Gauchou, une chercheuse française diplômée en psychologie cognitive des universités Paris 5 et Paris 11, entreprit une recherche sur l’intelligence inconsciente à l’Université de Colombie-Britannique. Sa méthode? Les chercheurs de son équipe utilisent une planche spirite pour tenter de mettre en évidence les capacités intellectuelles inconscientes. Rien de moins. Les chercheurs y voient en effet un moyen d’étudier le rôle de l’inconscient dans la prise de décision et des réactions idéomotrices.

En somme, lorsque nous utilisons une planche « spirite », nous sommes amenés à communiquer avec notre propre « esprit » : une intelligence qui ne nous est pas directement accessible, mais qui pourtant régit l’écrasante majorité de nos processus mentaux. Et c’est par l’intermédiaire de cette intelligence inconsciente qu’il nous est possible de sonder les profondeurs de notre propre psyché. Déjà, ici, nous avons tout un outil de développement personnel à la puissance insoupçonnée.

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Hollywood et la réalité

Bien que l’Exorciste demeure la référence en la matière, nombreux sont les films d’épouvante dont la thématique est celle de la possession due à l’utilisation d’une planche « OUIJA ». Et qui dit Hollywood, dit influence culturelle non négligeable. Pourtant, il n’y a absolument rien de dangereux dans le fait d’utiliser un pointeur et des lettres écrites sur une feuille de papier. Un simple marteau est maintes fois plus dangereux! Et s’il est possible d’invoquer un esprit en étant assis et en maintenant un bras légèrement surélevé, il est sûrement possible d’en invoquer un en plantant un clou. Comprenons simplement que ce qui se passe dans notre psyché ici peut très bien se passer là aussi. C’est-à-dire que nous sommes déjà et toujours en constante communication avec « le tout » et que la communication psychique encadrée ne permet que ça : un encadrement.

Le seul réel danger réside dans un mauvais encadrement, de fausses préconceptions et une ignorance de ce qui est.

Effet d’entraînement du cerveau oblige, si nous avons peur d’une telle expérience, car c’est notre idée de départ de la chose, il est fort à parier que notre expérience saura nous effrayer d’une façon ou d’une autre. Comme on dit, que nous pensions être capables ou non, dans un cas comme dans l’autre, nous avons raison : nos préconceptions et notre suggestibilité sont maîtres à bord et notre inconscient se met au diapason. Si nous avons peur d’être possédés, il est fort probable que nous le serons – du moins, que nous en serons persuadés. Par contre, l’explorateur curieux et avide de réponses s’y trouvera comblé. La subjectivité de l’expérience est ici déterminante, d’où l’importance d’un encadrement adéquat. D’où l’importance, aussi, d’une revue de la littérature existante. Nous ne pouvons être mieux préparés à une expérience qu’en recueillant le maximum d’informations possibles de ceux qui y sont déjà passés. Certes, c’est une littérature qui semblera fantasmagorique et qui sera peuplée d’anges, de démons et de gens décédés, mais c’est là tout le corpus de la communication psychique, toutes époques confondues. Et il y a une raison à cela.

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Les mythes et les archétypes

La psyché humaine est le réceptacle de milliers d’années de schèmes mentaux soutenus et répétés de génération en génération qui finissent par modifier l’expression des gènes et donc par s’ancrer profondément dans l’ADN. C’est là toute la science de l’épigénétique. Il est clairement admis, quoique plus ou moins compris, que la structure physique interne de notre être façonne nos « algorithmes fondamentaux » mentaux, nos archétypes, et qu’en retour nos archétypes, nos pensées soutenues façonnent l’expression de nos gènes pour être transmis à notre descendance. Mircea Éliade, historien des religions, mythologue et philosophe met clairement en évidence la frappante ressemblance des divers mythes (ainsi que de leur nombre restreint) à travers différentes époques et cultures n’ayant, en théorie, eu aucun contact entre elles. En tant qu’êtres humains, nous vivons sous l’influence d’une pensée collective omniprésente. En somme, il y a une raison au fait qu’anges, démons et gens décédés peuplent littéralement notre littérature et notre psyché. Débattre de la genèse des mythes archétypaux dépasse la portée de cet article et la réflexion n’est lancée qu’à titre de « nourriture pour l’esprit », pour envelopper de doutes toutes préconceptions ainsi que pour relativiser ce que nous découvrirons lors de communication psychique, car cette dernière, mal encadrée et/ou entourée de fausses préconceptions, peut être dangereuse. Et ce, au même titre qu’une croyance infondée sur les bienfaits d’une thérapie frauduleuse peut mener à une maladie grave. Lorsque nous nous lançons dans l’action, nous devons connaître le terrain. En tout et toujours.

La connaissance protège

Il est donc primordial de commencer l’exploration en se plongeant tête première dans la littérature scientifique de la psychologie, de la parapsychologie et autres domaines connexes afin de préparer le terrain. Cette étape est cruciale car elle définira notre expérience tout au long de notre exploration. Qui plus est, elle nous permettra d’éviter les pièges communs de l’ego, de l’ignorance et de la naïveté. « Esprit es-tu là? Dis-moi à quel âge je vais mourir » sont là de très graves erreurs, ô combien communes aux néophytes se lançant dans le « jeu » sans préparation adéquate. Nous devons avoir une conception solide, bien que malléable, de « qui » répond, comment et pourquoi. Le domaine de la psyché et de la conscience n’est pas sans prédateurs – l’expérience humaine le prouvant à merveille. Il y a une jungle à l’extérieur de nous, mais il y a aussi une jungle en nous et nous devons savoir éviter les sables mouvants, les serpents et savoir comment se mettre à l’abri lors de tempêtes.

Étudier notre propre psyché et l’étendue de son fonctionnement à travers les myriades de connexions du vivant est une expérience des plus enrichissante. Toute la beauté de la vie, la fascination enivrante devant l’inconnu vivant et vibrant nous sont accessibles en toute simplicité. Nul besoin de technologie complexe ni de techniques inutilement compliquées. Les mystères de la vie s’offrent à tous et n’attendent que notre curiosité à leur égard, notre intérêt profond et notre engagement pour se révéler à nous.

On nous dit souvent, avec le plus grand des sérieux, que les réponses sont en nous. Mais cette affirmation nous est habituellement insaisissable, intangible et parfois même frustrante puisque nous ne savons pas comment regarder en nous pour y trouver réponse : « Notre esprit a évolué de manière à opérer en grande partie en dehors de la conscience ». Par la communication psychique encadrée, nous avons enfin un début de réponse tangible et pragmatique. Il ne nous reste qu’à le mettre à profit par l’expérimentation.

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-Webmestre Zone-7

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Références et notes :

[1] http://www.nature.com/neuro/journal/vaop/ncurrent/full/nn.3689.html

[2] http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/science/2013/06/07/001-drone-deplacement-penser.shtml

[3] http://etat-du-monde-etat-d-etre.net/du-reste/science/un-singe-controle-le-bras-dun-autre-par-la-pensee

[4] http://www.philippeguillemant.com/

[5] Une autre expérience aisément reproductible que je vous invite à tester, les résultats vont surprendront : dans une foule, fixer votre regard intensément sur une personne au hasard qui ne vous a pas dans son champ de vision. Persistez un tantinet, émettez une intention forte à son égard et les chances qu’elle se retourne soudainement et trouve votre regard du premier coup sont étonnamment élevées. Par expérience personnelle, ceci fonctionne très bien!

[6] Le Bioscope permet de mesurer les interactions du vivant avec son environnement et d’en étudier les impacts (eau, agriculture, alimentation, médicaments, etc.). Ce système est utilisé depuis de nombreuses années dans des laboratoires en Suisse, en France, aux États-Unis et au Japon.

[7] http://fr.wikipedia.org/wiki/Radiesthésie