verre-eau-moitie-plein-vide« Quelle différence y a-t-il entre un verre d’eau à moitié plein et un à moitié vide? » demande G. à son fils S. âgé d’une dizaine d’années tout au plus.

« Mais c’est la même chose! » s’exclame S. spontanément.

« Alors, si j’additionne deux verres à moitié plein, ça me donnera un verre plein, pas vrai? » demande à nouveau G.

« Bien sûr » de répondre S.

« Pourtant, si j’additionne deux verres à moitié vide, ça me donnera un verre vide! » continue G.

« Mouais…, non… enfin… » répond S. légèrement confus.

« Donc, un verre à moitié plein et un verre à moitié vide, ce n’est pas la même chose! » conclut G.

« Mais pourtant si, c’est la même chose! » affirme S. qui ne sait pas tout à fait où veut en venir son père car, vu de cette façon, mathématiquement, ça ne semble pas être équivalent.

Bien entendu, le résultat mathématique dans les deux cas (qui sont en réalité le même cas, mais pris différemment) est qu’il y aura deux verres, un plein et un vide ou deux verres remplis à moitié. Mais l’intérêt de cette énigme qui semble paradoxale pour l’enfant était simplement de susciter une réflexion.

Et maintenant que S. a grandi,  que nous avons grandi, nous savons que la réelle différence, c’est le point de vue, l’idée que l’on s’en fait.

Et cette idée, cette perception que nous avons de toutes choses nous ouvre ou nous ferme à certaines possibilités, donc à nos potentielles compréhensions du monde qui nous entoure. Potentielles actions aussi, car nous n’agirons jamais en fonction de ce que nous ne considérons pas comme réel, comme valide. Un verre à moitié vide deviendra frustration ou deviendra oasis pour toute personne assoiffée, et pourtant c’est exactement le même objet possédant les mêmes propriétés. Ce sont nos croyances à l’égard de ce qui nous entoure qui définissent la façon dont nous expérimentons la réalité.

Je dis bien croyance et non savoir, car nous ne savons pas tant que nous n’avons pas expérimenté. Tant que nous n’aurons pas bu ce verre, nous ne saurons pas s’il convient à notre soif.

D’où nous viennent toutes nos idées sur ce qui est possible ou non ? Bien sûr, de tout ce que les autres auront pu en dire, donc de notre éducation et de notre socialisation. Notre système de croyances nous a été inculqué en fonction des normes établies et véhiculées.

L' »éducation » agit trop souvent comme un poseur d’oeillères plutôt qu’un éveilleur. Nous martelant sans cesse que ceci existe ou n’existe pas, que cela est possible ou impossible, elle en vient à façonner notre perception de la réalité. Pression sociale oblige. Que ce soit à coups de mépris ou à coups de bâton, tout enfant qui passe par la scolarisation se verra puni s’il n’accepte pas ce qu’on lui enseigne, mais récompensé s’il obéit, s’il adhère à la vision inculquée. Le chemin à suivre saute alors aux yeux et l’enfant a tôt fait de « jouer le jeu », car ainsi la vie est clémente à son égard. Il s’agit simplement d’avoir de bonnes notes et de ne jamais contredire les adultes, les professeurs ou toute autorité puisque, nous dit-on, ils ont raison.

Pourquoi l’être humain ne vole-t-il pas sans artifices? Tout simplement parce qu’il est convaincu qu’il ne le peut pas ! Et n’en riez surtout pas, car ceci vous empêcherait de voler un jour de vos propres bras! La lévitation est un phénomène pourtant bien connu et documenté, mais il ne nous viendrait pas à l’idée de voler librement.

Nous vivons dans des sociétés qui nous dictent, à coups de répétitions médiatisées et d’études « scientifiques », ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Il y a quelques siècles, il était ridicule de penser que le « plus lourd que l’air » pouvait voler. L’homme ne le fit donc pas, tant et aussi longtemps que quelques hérétiques crurent en cette possibilité et, hors de tout doute, prouvèrent que c’était tout à fait réalisable. Idem pour les voyages dans l’espace, les communications sans fil, les modifications climatiques… La liste est longue.

Pourquoi sommes-nous si nombreux à être incapables de voir au-delà des mensonges du 11 septembre 2001? Parce que nous accumulons les croyances, les empilons les unes par-dessus les autres, depuis notre tout jeune âge, et que tout remettre en question s’avère trop difficile. Nous avons accepté l’idée que tous les êtres humains sont fondamentalement bons et que nos chefs d’État veulent notre bien et ne cherchent qu’à nous protéger. Nous avons également cru que tout est mis en oeuvre pour notre sécurité et notre croissance personnelle et collective. Donc, un concept comme celui d’un complot d’envergure est tout simplement impensable, puisque notre système de croyances filtre, trie et n’accepte que ce qui va en son sens.

Toutes les différences de point de vue, d’un individu à l’autre, ne sont issues que de nos convictions, elles-mêmes issues de notre apprentissage, de notre socialisation et de notre éducation, de ce que nous tenons pour possible, voire réel. L’égo joue aussi un grand rôle dans ce processus, car, en réalité, il n’est rien d’autre que le centre magnétique de la personnalité. Cette personnalité est forgée, justement, de croyances. Il n’y a donc qu’à ridiculiser un aspect de la réalité pour que la personnalité, protectrice de l’égo, tende à se conformer à cette vue. Ainsi, nous nous fermons à une voie, une possibilité particulière. Pourtant, tout est inclusif, tout a le potentiel d’exister pour aussi peu que l’énergie nécessaire y soit allouée, personnellement ou collectivement.

Par exemple, nous prenons la mort physique et la maladie pour des incontournables, alors que si nous nous y arrêtons le moindrement, l’effet placebo nous révèle tout autre chose. Nous avons la capacité de nous autoguérir, preuves à l’appui, si nos convictions intimes sont telles. N’y a-t-il pas d’ailleurs, dans tout folklore, des alchimistes ayant vécu des siècles? Des moines ayant jeûné durant des mois en méditation sans en être affectés? Des blessés ou malades ayant vécu des guérisons spontanées?

Cependant, lorsque nous croyons en une impossibilité quelconque sans l’avoir expérimenté, qu’elle soit réelle ou non, nous limitons nos pensées et nos actions conséquemment à cette conviction. Nous créons ainsi notre propre prison de potentiels inexplorés, car nous n’irons jamais dans le sens de ce que nous croyons impossible, même si l’objet de nos croyances est tout à fait accessible et réalisable.

Encore une fois, ce que nous pensons, l’idée que nous nous faisons de la réalité détermine la façon dont nous l’expérimentons. « Demandez et vous recevrez » n’implique pas que nous demandions à l’univers un million de dollars et que celui-ci nous soit accordé « à la Le Secret« . Mais bien que l’objet de notre fixation devient notre limitation et définit notre expérience de vie.

L’habileté à penser par soi-même semble malheureusement une denrée rare. En effet, nous sommes envahis de stimuli de toutes sortes qui, dans la majeure partie des cas, jouent constamment le même refrain que nous fredonnons sans même nous en rendre compte. Pourtant, il y a des gens qui tordent des cuillères avec une aisance déconcertante, d’autres qui lévitent en méditation, font de la télépathie, de la télékinésie, sont aptes à entrevoir le futur, etc. Mais combien d’entre nous sont aptes à s’en croire capables? Très peu. Et gare à ceux qui le penseront et le diront ouvertement, car tous les autres systèmes de croyances auront tôt fait de faire le nécessaire pour les convaincre que ça n’existe pas. Et pour la plupart d’entre eux qui savent très bien que tous ces « exploits », « pouvoirs » ou « dons » existent bel et bien, peu sont capables de faire le saut mental et de s’en croire capables, moi le premier.  La sémantique utilisée pour parler de ces possibilités est trompeuse : pouvoirs, dons, exploits paranormaux au lieu d' »habiletés naturelles non développées ». Ces schèmes de pensées sont très forts et très ancrés en nous. Il est donc impératif que nous nous en défaisions afin de retrouver notre liberté, notre souveraineté en tant qu’être humain.

Tous ces mots sont présents dans les dictionnaires usuels : télékinésie, télépathie, clairvoyance, clairaudience, prémonition, précognition, intuition, psychokinésie, perceptions extrasensorielles, etc. Ils sont tous associés au domaine du « paranormal » dont la définition est simplement : « Se dit de ce qui est inexplicable pour la science. » Inexplicable, certes, lorsque cette « science » est guidée par des dogmes, des chasses gardées, et que seule une montagne de faits empiriques sélectionnés en fonction de ses propres « lois », de sa propre autocensure,  sont considérés comme valides. Mais que ces facultés soient ou non « inexplicables », il n’en demeure pas moins qu’elles existent et que le grand mensonge les entourant est que seuls quelques « élus », seuls quelques « être évolués », possédant des « dons » particuliers en sont capables. Rien n’est plus faux. Nous pouvons tous tordre une cuillère, nous pouvons tous faire des rêves prémonitoires, nous possédons tous une intuition,  et bien plus encore. Mais ce sont nos propres convictions vis-à-vis ces potentiels qui déterminent si nous les actualiserons ou non.

Et vous, vis-à-vis toutes ces facultés latentes et potentielles, voyez-vous votre verre à moitié plein ou à moitié vide?

 

– Webmestre Zone-7