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Par Hologique et Zone-7

Depuis des temps immémoriaux, de toutes traditions, la réalité de « mondes invisibles » côtoyant notre réalité « ordinaire » est toujours présente. Ces mondes et les entités qui les peuplent sont devenus, au mieux, simples mythes, au pire sujet de dérision : anges, démons, extraterrestres, lutins, fées, esprits désincarnés, etc. La réalité « rationnelle », décrite par la science actuelle, ayant peu à peu détourné son regard de ce qu’elle n’était pas en mesure de considérer comme « réel » faute de reproductibilité stable, un nombre croissant de domaines furent classés dans la catégorie « phénomènes inexpliqués » et, avec le temps, reclassés en douce dans la filière des « phénomènes dus à l’imagination », voire « psychose collective ». La dénomination même de ces phénomènes (spiritisme, canalisation, guérison par l’énergie, etc.) est aujourd’hui synonyme de voie de garage pour toute tentative sérieuse d’en expliquer la nature profonde.

Cependant, de nouveaux outils mathématiques, comme la physique quantique et la physique hyper dimensionnelle, ont permis un autre regard sur la nature de cette réalité « ordinaire ».  Mais un gouffre subsiste entre la vulgarisation du savoir, son accès et son appropriation par les « non-initiés ».

Il est cependant fort à parier que ces nouvelles données soit, au mieux, incomprises. La physique classique décrivant la réalité du quotidien, il paraît évident de s’y identifier, et uniquement à elle.  Nous agréons pourtant aisément à l’existence de réalités invisibles : ondes radio, cellulaires, gravité, etc. Le rayonnement électromagnétique, tous spectres confondus, n’en est finalement pas moins une « force invisible » bien que nous l’acceptions comme réel.

Au final, nous n’admettrons réel que ce qui entre dans nos cadres de références, dans notre système de croyances culturellement inculqué qui définit pour nous ce qui existe et ce qui n’existe pas. Mais accepter ainsi une réalité partielle n’est pas synonyme d’en saisir sa nature profonde ni sa totalité.  Que sont donc réellement les atomes? Les ondes radio? Les « forces fondamentales »? Sont-elles, au fond, si éloignées des réalités dites invisibles?

Oui et non. Non parce qu’elles demeurent incomprises bien qu’abondamment habillées de théories et d’hypothèses. Et oui parce qu’il leur manque l’élément le plus important : la conscience.

« Entité », « égrégore », « forme-pensée », « plan astral », « temps cyclique », etc., tous ces mots sont employés pour tenter d’expliquer la « réalité invisible ». Souvent mal compris, ces concepts sont pourtant décrits par plusieurs traditions ésotériques, religions et chercheurs indépendants. De même, ces notions peuvent sembler obscures pour les esprits plus rationnels et il en découle un rejet à priori.

Ces réalités ne peuvent-elles être comprises que par les « initiés » et autres occultistes? Ou existe-t-il quelques autres moyens d’appréhender ces phénomènes et de les dépouiller de leur mysticisme? Leur incompréhension ne tiendrait-elle pas simplement de l’étroitesse d’esprit des sociétés modernes, héritage d’une « science » de plus en plus matérialiste?

 

Quelques réalités invisibles 

Champs morphogénétiques

La notion de résonnance morphique de R. Sheldrake suggère que la nature des choses, chaque type de système naturel possède, sa propre catégorie de champ. Ce sont des régions d’influence non matérielles s’étendant dans l’espace et se prolongeant dans le temps – en somme, un champ électromagnétique ou une onde gravitationnelle. La mémoire au sein des champs morphogénétiques est cumulative et c’est la raison pour laquelle toutes sortes de phénomènes deviennent de plus en plus habituels par répétition.

Les systèmes naturels tels que des colonies de termites, des pigeons, des orchidées ou des molécules d’insuline héritent d’une mémoire collective renfermant tous les phénomènes concernant leur espèce, aussi distants soient-ils dans l’espace et dans le temps.

– R. Sheldrake

Dans cette complexité croissante, les champs morphogénétiques contiendraient une mémoire inhérente acquise par un processus de résonance morphique, composant la mémoire collective de chaque espèce (idée déjà émise par Carl Gustav Jung).

On peut comparer le champ morphogénique d’une part à un gigantesque réservoir de la mémoire de l’espèce (sa fonction passive) et d’autre part à un inducteur d’organisation (sa fonction active).

Ainsi, nous avons plusieurs pistes de réflexion sur l’existence d’un potentiel d’énergie psychique doué d’une initiative propre, c’est-à-dire avec ses propres impulsions et ses propres pensées. Des « régions d’influence non matérielles s’étendant dans l’espace et se prolongeant dans le temps »…

 

Les formes-pensées

Lorsque nous pensons, rêvassons et réfléchissons, nous dégageons de l’énergie et celle-ci se propage sous la forme d’un rayonnement électromagnétique tel que l’a démontré, entre autres, F. Cazzamalli :

 … les activités mentales sont à la base d’émissions électromagnétiques captables à distance.

Si nous soutenons une pensée précise, avec puissance et concentration, dans un but bien défini, nous projetons alors une énergie électromagnétique et « … Ces émissions [électromagnétiques] sont particulièrement intenses lors de tensions émotionnelles importantes et peuvent par contre ne plus être captées par l’appareil lorsque le sujet se calme. » (F. Cazzamalli)

Il s’agit donc d’une pensée puissante et munie d’une direction; une pensée vivant et agissant selon les intentions de celui ou ceux qui l’ont émise.

Elle n’existera pas longtemps si elle est abandonnée, mais, entretenue et régulièrement renforcée, elle deviendra une forme-pensée avec un réel pouvoir d’action sur les hommes ou sur les animaux puisque, si le cerveau émet des ondes électromagnétiques (ce qui n’est plus à démontrer), c’est aussi qu’il y est sensible. Les « formes-pensées » communiquent donc aussi entre elles à notre insu, de façon inconsciente.

Note : Si tout cela se passe de façon inconsciente, la technologie actuelle nous permet « d’imiter » certaines de ces formes-pensées et d’en diriger le sens, c’est-à-dire d’influencer directement sur les « algorithmes fondamentaux » cérébraux à l’aide d’émissions d’ondes. Voir à ce sujet l’excellent travail de M.A. Persinger.

 

Les larves

Selon Franz Bardon :

Une ‘larve’ peut être faite de matière mentale ou bien de matière astrale; elle est généralement une créature astrale car elle est créée par la répétition constante d’une pensée intense, nourrie par une passion particulière, par une mauvaise habitude ou par d’autres défauts. Une personne crée habituellement ces êtres de façon insouciante à partir de la substance mentale ou astrale, extraite donc de son propre corps mental ou de son corps astral.

Une larve est en réalité une demi-créature qui vit sur les sous-plans les plus bas du Plan Mental et du Plan Astral. Elle se nourrit des substances mentales ou astrales – selon le Plan où elle vit – qu’émet la passion particulière ou le défaut qui l’a créée. Elle a une forme ou coquille qui a une correspondance avec le ‘défaut créateur’ et possède un fort instinct d’auto préservation. Sur le Chemin de l’Hermétisme, une larve, fortement développée, est généralement un obstacle très difficile à surmonter. Un individu crée des larves quand il ne réussit pas à contrôler ses défauts et il se trouve alors entouré de tout l’essaim qu’elles forment. Les larves guettent constamment, dans l’environnement de cette personne, les occasions favorables pour éveiller la passion grâce à laquelle elles se nourrissent à ses dépens.

Il semblerait donc que nous créerions de petites entités invisibles, mais bien réelles, issues nos émotions. On peut le voir comme une fréquence électromagnétique émanant de nous et qui, suivant le même effet qu’un diapason, fait « vibrer » les molécules ambiantes (pensons à l’air) à cette même fréquence. Et tout comme une certaine quantité d’huile à la surface de l’eau, une fois cette dernière secouée, elle se séparera en plusieurs gouttelettes conservant la même composition et les mêmes priorités, ainsi pourrions-nous voir les larves s’échappant de nous. Le terme « ver d’oreille » vient rapidement à l’esprit ici et est sémantiquement très adéquat.

Selon F. Rozier, dans son livre Les puissances invisibles :

Chaque fois que vous parlez, vous créez de petits êtres éphémères qui ont un semblant de vie et sont la réalisation des images qui correspondent à vos paroles. Ces petits êtres sont formés aux dépens de vos corps invisibles, s’échappent de vous et se répandent dans votre atmosphère environnante. Généralement, ils proviennent de paroles oiseuses et sont aussitôt dissous qu’émis. Mais s’ils proviennent de paroles sérieuses, leur vitalité est plus grande; quand la parole a de l’importance, leur vitalité est considérable. Ces petits êtres artificiels ont reçu le nom de ‘larves’.

En quelque sorte, nous créerions constamment de « mini-égrégores » par nos paroles et par nos pensées. D’où l’importance d’être attentif à ce que nous disons et sélectif à ce que nous écoutons.

 

Les égrégores

En ésotérisme, l’égrégore est un concept désignant un « esprit de groupe », une entité psychique autonome ou une force produite et influencée par les désirs et émotions de plusieurs individus unis dans un but commun. Cette force vivante fonctionnerait alors comme une entité autonome.

En somme, l’égrégore généré par la somme des cultures humaines est l’inconscient collectif, les contenus de cet inconscient collectif sont les archétypes : des processus psychiques renfermant des modèles élémentaires de comportement en relation avec une émotion.

Dans son livre L’Égrégore – L’Énergie psychique collective Jean-Luc Maxence l’exprime ainsi :

Au fond, que l’égrégore fut en occultisme, comme l’indique Le Grand Dictionnaire Encyclopédique par Stanislas de Guaïta pour personnifier les forces physiques ou psychologiques non surnaturelles en forme d’être collectif, qu’il indique en fait une « forme-pensée » dans le sens de la Tradition, et qu’il soit donc « un agrégat de forces constituées de courants vitaux, émotionnels, mentaux et spirituels, suivant la qualité vibratoire de la forme-pensée » ou qu’il puisse être perçu « comme la résonance vibratoire émise par la psyché d’un groupe de personnes vibrant sur une note déterminée », comme l’écrit Alain Brêthes, l’important est sans doute d’aller au-delà des définitions proposées et des représentations archétypales.

[…]

Il est plus facile de dire que l’égrégore actuel, même galvaudé, sous-entend indéniablement une idée d’élan communautaire, de force collective, de communion des énergies de plusieurs personnes en réunion, d’harmonie globale obtenue par le regroupement de plusieurs membres d’une même confrérie en osmose d’idées, de pensées, de méditation.

[…]

Tout égrégore, créateur de formes, nous semble-t-il évident, parvenu à ce stade de notre investigation, puise ses forces, ses secrets, ses comportements, ses pulsions contradictoires, dans ces accumulations d’énergie de l’inconscient collectif que C.G. Jung a baptisé archétypes. Or, il s’agit de bien comprendre que ces figures archétypiques sont le lot, le trésor de tous les hommes. Dans ce creuset de révélations étranges, de forces cachées, d’arcanes obscurs, chacun peut puiser et explorer.

 

Archétypes et inconscient collectif

L’analogie entre le concept d’égrégore et celui des archétypes et de l’inconscient collectif est assez frappante.

C.G. Jung parlait ainsi des : « les archétypes sont autonomes et peuvent entrer en résonance avec la conscience humaine. », tout comme les formes-pensées. 

L’archétype est pour la psychologie jungienne un processus psychique fondateur des cultures humaines car il renferme les modèles élémentaires de comportements (les algorithmes fondamentaux) et de représentations issus de l’expérience humaine à toutes les époques de l’histoire : une « image primordiale » renfermant un thème universel, commun à toutes les cultures humaines, mais figuré sous des formes symboliques diverses, et structurant la psyché inconsciente en lien avec un autre concept jungien, celui d’inconscient collectif.

Chez Jung, l’inconscient collectif a une fonction vitale pour l’homme en tant que réalité objective et n’est pas que la somme des pulsions libidinales. En d’autres termes, selon Jung, l’inconscient collectif est vivant et neutre en dépit d’une énergie psychique colossale contre laquelle le Moi ne peut rien.

Je l’appelle collectif parce que, au contraire de l’inconscient personnel, il n’est pas le fait de contenus individuels plus ou moins uniques, ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels, et qui apparaissent régulièrement.

– C.G. Jung

Les archétypes sont caractérisés fondamentalement par le fait qu’ils unissent un symbole avec une émotion – on en revient à la notion d’algorithmes fondamentaux. Ce faisant, ils sont des « potentiels d’énergie psychique » constitutifs de toute activité humaine et orientant la libido sans nécessairement être issus de cette dernière.

De l’autonomie des archétypes :

Les archétypes sont donc doués d’une initiative propre et d’une énergie spécifique. Ils peuvent aussi, à la fois, fournir dans la forme symbolique qui leur est propre une interprétation chargée de sens et intervenir dans une situation donnée avec leurs propres impulsions et leurs propres pensées.

À cet égard, ils fonctionnent comme des complexes. Ils vont et viennent à leur guise, et souvent ils s’opposent à nos intentions conscientes ou les modifient de la façon la plus embarrassante.

On peut percevoir l’énergie spécifique des archétypes lorsque l’on a l’occasion d’apprécier la fascination qu’ils exercent. Ils semblent jeter un sort.

– C.G. Jung

 L’homme et ses symboles,

Robert Laffont, 1964 p. 78-79.

Note : La notion de conscience collective se rapporte aux croyances et comportements partagés dans une collectivité et fonctionnant comme une force séparée et généralement dominante par rapport à la conscience individuelle. Selon cette théorie, une société, une nation ou un groupe constituerait une entité se comportant comme un individu global.

 

Quels modèles peuvent correspondre à ces descriptions?

L’aura, soutenue scientifiquement par les photographies Kirlian, est un concept qui semble couler de source eu égard aux champs morphogénétiques.

La communication spirite, guidée par l’effet idéomoteur, semble être une confirmation des influences de formes-pensées (larves, égrégores ou autres) sur la psyché du pratiquant.

Dans l’article Le Monde Plat, notre monde, nous avons abordé le fait que nous n’avons aucune conception ni expérience de ce que peut être la réalité vue et vécue si nous y ajoutons une dimension physique supplémentaire : une dimension qui ne soit ni droite/gauche (largeur), ni avant/arrière (longueur), ni haut/bas (hauteur) :

Il est pourtant admis par la science moderne que non seulement des dimensions additionnelles peuvent exister, mais celles-ci sont même requises pour un bon nombre de calculs et d’explications de la réalité telle que nous la percevons. Prenons l’exemple de la théorie de Kaluza-Klein (la première à tenter d’unifier gravité et électromagnétisme) qui utilise 5 dimensions spatio-temporelles, la théorie des cordes qui en utilise 10, 11 ou 26 ou encore la physique quantique qui œuvre dans un espace de dimensions… infinies.

Ne reste qu’à y ajouter l’ingrédient essentiel, trop souvent oublié : la conscience.

 

Pour aller plus loin

Carlos Castaneda affirmait que les êtres humains sont les otages d’un groupe d’entités cosmiques qui se dédient à la prédation et que les sorciers appellent « les Flyers ».

En plus des hommes et des autres êtres qui habitent cette Terre, il y a dans l’Univers une immense gamme d’entités inorganiques. Elles sont présentes parmi nous et, à certains moments, sont visibles. Nous les appelons fantômes ou apparitions. Ils ne nous « mangent » pas littéralement, ce qu’ils font c’est un transfert vibratoire. La conscience est énergie et ils peuvent s’aligner avec nous. Puisque par nature ils sont perpétuellement affamés et que nous, en revanche, exsudons de la lumière, le résultat de cet alignement peut être décrit comme une prédation énergétique. En échange de notre énergie, les « Flyers » nous ont donné notre mental, nos attachements et notre ego. Les « Flyers » nous contrôlent au travers de nos traditions et de nos coutumes. Ils sont les maîtres de la religion, les créateurs de l’Histoire. Nous écoutons leur voix à la radio et nous lisons leurs idées dans les journaux. Ils dirigent tous nos moyens d’information et nos systèmes de croyances.

– Carlos Castaneda

Et bien que C. Castaneda parle d’entités « comme d’énormes silhouettes volantes de couleur noire, arrivant un jour de la profondeur du Cosmos », une nouvelle analogie aux archétypes jungiens est ici possible : ces entités cosmiques sont présentées comme renfermant les modèles élémentaires de comportements et structurant la psyché inconsciente (« Ils nous ont donné notre mental, nos attachements et notre ego. Ils dirigent tous nos moyens d’information et nos systèmes de croyances. »).

Cette description d’une relation de prédation énergétique pourra sembler farfelue au lecteur non initié à ce type de discours, mais ce ne sont pourtant pas les exemples qui manquent : la présence d’esprits maléfiques est omniprésente dans l’histoire de l’humanité (esprits vengeurs, démons, etc.) et n’a jamais cessé, même à notre époque « rationnelle » (enlèvements extraterrestres, etc.). Peu importe les contextes sociaux et temporels, ce type de relation de prédation (possession, etc.) demeure, en essence, le même. Seuls les détails descriptifs changent pour s’adapter à l’époque et aux mœurs.

 

De la connaissance de soi

Tout cela nous ramène à divers éléments des Enseignements Traditionnels qui, sans le dire ouvertement, pointent en ce sens : un monde invisible à l’œil, mais dont l’influence ne doit pas être niée. Exactement comme le vent qui ne nous est pas visible, mais dont les effets vont du frémissement de la surface de l’eau d’un lac aux tornades dévastatrices, les réalités invisibles affectent notre psyché qui, sans entraînement adéquat, en subit passivement les effets. Nous n’avons simplement pas été éduqués à le voir de cette manière et notre frénésie quotidienne matérialiste nous conserve dans un étant de « sommeil » constant.

Il est nécessaire ici de comprendre que le premier état de conscience – le sommeil – ne se dissipe pas quand apparaît le second, c’est-à-dire lorsque l’homme s’éveille. Le sommeil demeure présent avec tous ses rêves et ses impressions, s’y ajoute simplement une attitude plus critique envers ses propres impressions, des pensées mieux coordonnées et des actions plus disciplinées. À cause de la vivacité des impressions sensorielles, des désirs et des sentiments – en particulier le sentiment de contradiction ou d’impossibilité, entièrement absents au cours du sommeil – les rêves deviennent alors invisibles, de la même manière que sous l’éclat du soleil, les étoiles et la lune pâlissent. Mais les rêves sont toujours présents et exercent souvent, sur l’ensemble de nos pensées, de nos sentiments et de nos actes, une influence dont la force dépasse même parfois les impressions réelles du moment.

– P.D. Ouspensky, issu des 5 conférences

Eu égard aux thèmes abordés dans cet article d’exploration, il y a lieu de se demander ce que sont les « rêves » dont parle Ouspensky qui possèdent cette « influence dont la force dépasse même parfois les impressions réelles du moment ».

Aussi, l’idée des moi multiples, apportée par la Tradition, prend un tout autre aspect lorsque nous y incorporons les réalités invisibles. Que nous ne soyons pas maîtres en notre demeure, scindés en plusieurs petits moi contradictoires et ignorants les uns des autres prend alors une dimension intéressante – peut-être effrayante, mais tout de même intéressante.

En réalité, il n’y a pas d’unité en l’homme et pas de centre de commande unifié, pas de moi ou d’ego permanent.

Voici un schéma général de l’homme :

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Chaque pensée, chaque sentiment, chaque sensation, chaque désir, chaque attirance ou répulsion constitue un « moi ». Ces « moi » ne sont ni coordonnés ni reliés entre eux. Chacun d’eux dépend d’un changement de circonstances extérieures et d’impressions reçues.

[…]

Chacun de ces « mo i», à un moment donné, ne représente qu’une part infime de nos « fonctions », ou « cerveau », ou « intelligence », mais chacun d’entre eux prétend représenter le tout. Lorsqu’un homme dit «moi», on pense qu’il exprime par là la totalité de lui-même, mais en fait – même en croyant être sincère – il ne s’agit que d’une pensée fugitive, d’un état d’âme passager, d’un bref désir. Une heure plus tard, il peut parfaitement l’avoir oublié et, avec la même conviction, affirmer une opinion, un point de vue ou des intérêts inverses. Le pire est que l’homme ne s’en souvient pas. Dans la plupart des cas, il croit au dernier « moi » qui s’est exprimé et cela tant qu’il dure, c’est-à-dire tant qu’un autre « moi », parfois sans lien avec le précédent, n’exprime pas plus fortement son opinion et ses désirs.

– P.D. Ouspensky, issu des 5 conférences

Même en ce qui concerne l’aspect de prédation énergétique tel que décrit par Castaneda, on retrouve dans les Enseignements Traditionnels une formulation de l’organisation de l’univers qui lui corresponde, gros bon sens inclus.

Dans la nature, tout se tient et tout est vivant. Le diagramme de cette classification est appelé « Diagramme de toutes choses vivantes ».

diagramme-nouriture

Selon ce diagramme, chaque sorte de créature, chaque degré d’être est défini à la fois par ce qui lui sert de nourriture et par ce à quoi il sert de nourriture. Dans l’ordre cosmique, en effet, chaque classe de créatures se nourrit d’une classe déterminée de créatures inférieures et sert elle-même de nourriture pour une classe déterminée de créatures supérieures.

– G.I. Gurdjieff relaté par P.D. Ouspensky,

Fragments d’un enseignement inconnu, p. 450

 

En toute conscience

Tout dans la nature est vivant. Toute vie a un degré de conscience. La conscience est une constante et une nécessité en toute chose. Qu’une partie de la réalité nous soit invisible n’a rien d’exotique ou de farfelu. Nos sens ne captent qu’une maigre portion du spectre électromagnétique total. La fleur ne peut pas nous voir, par contre elle peut nous sentir et capter notre énergie lorsque nous lui parlons et en prenons soin, et cela affecte sa croissance et sa santé (ce qui n’est plus à prouver, les exemples abondent). Ainsi en est-il à tous les niveaux : ce qui est sous nos pieds nous est visibles, ce qui est à l’extérieur de nos organes percepteurs ne nous l’est pas.

Sommes-nous seuls dans l’univers? La question elle-même est aberrante.

Il est d’avis aux auteurs de cet article qu’une partie de ces réalités invisibles nous sont accessibles par des exercices simples, quoique non totalement sans dangers. Nos expériences respectives en termes de communication spirite (communication psychique) et nos expériences personnelles diverses nous prouvent sans l’ombre d’un doute que ces réalités invisibles sont bel et bien présentes et qu’avec un minimum d’efforts, de pratique et beaucoup de lectures il est possible d’en palper une portion.

Comme en toute chose, la connaissance de soi couplée à la connaissance de ce qui est sert à la fois de guide et de protecteur.

L’invisible n’est pas que pure fabulation, il est possible de l’explorer en toute conscience.

 

– Hologique et Webmestre Zone-7