Combien de gens n'osent plus sortir la nuit, seuls, dans les métros ou les ruelles de peur d'être sauvagement attaqués? Combien sommes-nous à verrouiller portes, vélos, clôtures, et ce, à double tour? Combien de systèmes d'alarme, de sécurité et antivols possède le citoyen moyen?
Nous craignons constamment de perdre notre emploi sans lequel notre statut social, nos biens matériels et nos loisirs disparaîtront.
Nous craignons le dentiste, la maladie, ce que les autres pensent de nous… Les exemples sont infinis.
D'où nous vient donc toute cette "habitude à la peur"? De l'enfance? Des rumeurs et légendes urbaines? Et si nous regardions du côté des médias? Lorsque ceux-ci ne diffusent pas d'insipides téléromans savons ou d'indigestes publicités et qu'ils diffusent ce qu'ils devraient, c'est-à-dire de l'information, qu'y retrouve-t-on? De la peur, de la peur et encore de la peur.
ENTRETENIR LA PEUR À LA FAÇON DES MÉDIAS OFFICIELS
On nous dit que la planète se "réchauffe" au point où nous n'aurons plus de glaciers d'ici peu, que les espèces animales disparaissent les unes après les autres et que le nombre de tremblements de terre, de tornades et de tsunamis ne cesse d'augmenter. On nous dit que bientôt nous n'aurons plus de pétrole et que les transports de marchandises seront réduits, voire arrêtés. On nous dit que les abeilles disparaissent, ce qui laisse planer la crainte d'un arrêt complet de la pollinisation conduisant à la famine. On nous informe qu'une personne sur quatre mourra d'un arrêt cardiaque, une personne sur dix sera atteinte d'un cancer et le reste d'entre elles sera probablement infecté par la grippe A H1N1 ou une de ses mutations quelconques. On ne rate pas une occasion de nous rappeler qu'il y a des cellules terroristes "dormantes" dans tous les pays et qu'un attentat est imminent. Rouge, orange ou jaune, l'indice de danger n'est jamais au vert. On nous rappelle qu'une crise économique est en cours et qu'elle continuera de faire des ravages, et nous devrons nous serrer la ceinture, accepter de ne plus avoir de prêts et de perdre notre emploi. Les taux de criminalité et de chômage sont à la hausse. Ajoutons à tout cela les viols, les enlèvements et les tueries qu'on nous sert indigestement à l'heure du souper.
Faites vos jeux, rien ne va plus!
Lorsque nous comprenons que le jeu des médias traditionnels est de nous maintenir dans la crainte et dans l'ignorance à coups de téléromans politiques qui ne reflètent en rien la réalité et à coups de niveaux d'alerte au terrorisme, nous nous tournons - à juste titre - vers les médias alternatifs (sites Web, blogues, etc.). Qu'y trouvons-nous?
LA VISION DES MÉDIAS ALTERNATIFS
On nous informe que les bouleversements climatiques sont encore pires que ne le laissent entendre les médias officiels et qu'en plus il y a un nombre de météorites sans cesse croissant qui s'abat sur notre planète, ce dont on ne parle même pas au téléjournal. On nous dit que la planète se dirige vers un âge glaciaire et que celui-ci peut arriver beaucoup plus vite qu'on ne le croit : faites vos provisions, car nous retournons à l'âge de pierre. On nous dit que loin de manquer de pétrole, le monde est pris d'assaut par le Nouvel Ordre Mondial et que celui-ci aura (a déjà) mainmise sur toutes les ressources de cette petite planète et que servitude inconditionnelle sera exigée de tous les humains. On nous informe que la grippe A H1N1 n'est pas le problème en soi, mais que la vaccination forcée est un génocide à l'échelle planétaire permettant une réduction de la population afin de servir les sombres desseins du N.O.M. On ne rate jamais une occasion de nous rappeler qu'il n'y a pas de "terroristes" au sens classique du mot, mais que les vrais "terroristes" sont en réalité les hauts placés des agences secrètes des gouvernements de ce monde, ce qui les rend encore plus dangereuses. On nous remémore qu'une crise économique est en cours et qu'elle est encore plus grave que ne le laissent croire les médias officiels : nous allons perdre maison, voiture, pension de vieillesse, placements, emploi et accessibilité aux services sociaux. Nous n'aurons pas à nous serrer la ceinture, car nous l'aurons vendue (avec le reste de nos biens) pour un peu de nourriture. Ajoutons par-dessus le tout que nos cerveaux sont contrôlés par l'émission d'ondes telles que celles utilisées par les réseaux de téléphones cellulaires, les écrans (télévisions et ordinateurs) et par celles des projets secrets tels que HAARP. Sans oublier le fait que toutes les grandes puissances de ce monde sont main dans la main avec des êtres "extraterrestres" malveillants qui se servent de l'humanité en tant que nourriture. Bref, le cauchemar total, réel, non dévoilé par CNN.
Que nous syntonisions les médias officiels ou les médias alternatifs, il semble n'y avoir qu'un plat au menu : la peur.
Non pas qu'il ne soit pas louable de la part des médias alternatifs de dénoncer la propagande, le mensonge et la manipulation. Ceci est très courageux de leur part et je lève mon chapeau à qui peut travailler aussi longtemps à exposer la noirceur qui enveloppe ce monde. J'ai moi-même soutenu, géré et participé à NewsOfTomorrow plus d'un an et je sais très bien que c'est de bonne foi et par amour pour la vérité que le font ceux qui se donnent la tâche quotidienne de dénoncer. Cependant, je suis d'avis que lorsque nous avons compris le jeu de la peur, le temps est venu de nous tourner vers autre chose. Mais vers quoi?
En effet, pourquoi nous tourner vers autre chose alors que la contre-culture du Net met à jour la vérité? Alors que les médias alternatifs voient plus loin que la propagande officielle et la dénoncent? Simplement parce que dans la majeure partie des cas, bien que ce soit fait avec sincérité et dans le but de nous éveiller, le tout est présenté avec le même sensationnalisme qui nous a été inculqué par les médias officiels depuis notre tendre enfance. Les résultats sont la plupart du temps alarmants (même plus alarmants) et ils entretiennent inconsciemment cette peur constante qui est - nous le savons maintenant - l'arme ultime utilisée par les dirigeants de ce monde pour nous manipuler. En somme, les médias alternatifs jouent le jeu - à leur insu - de la peur qui nous paralyse, diminue notre niveau d'énergie et nous empêche d'agir. Certes, certaines solutions sont offertes telles que l'argent colloïdal, le chlorure de magnésium et l'argile pour prévenir et guérir une partie des diverses intoxications dont nous sommes victimes/complices, alors que d'autres offrent des sources d'énergie alternatives, mais bien qu'on nous mettre en garde contre l'effet de la peur, on nous offre rarement une solution à cet égard, et ce, lorsqu'on ne l'alimente pas davantage.
ALORS, SE TOURNER VERS QUOI?
La religion? Là où l'on nous enseigne que, à l'extérieur de l'obéissance aux strictes Lois Divines décrétées par sa Sainte Puissance Colérique, nous irons tous souffrir en enfer? Du pareil au même : le contrôle par la peur.
Un radical "retour aux sources"? En pleine nature, loin de toute "civilisation"? Là où nous avons perdu l'habileté à nous nourrir correctement (puisqu'il n'y a pas de four à micro-ondes) et d'où nous reviendrons en courant chez le médecin au premier signe de maladie puisque nous ne savons aucunement nous soigner nous-mêmes? Bien sûr que non.
Vers l'Amour? Certes! Mais comme le disait Vernon : "Avant d'aller sur la Lune, il faut d'abord quitter la Terre". En d'autres mots, commençons par réaliser que tout autour de nous est basé sur ce principe de peur. De l'obligation de payer ses impôts sous peine d'emprisonnement à la peur panique d'une pandémie mortelle, en passant par l'angoisse de ne pas plaire à tout le monde, tentons de comprendre de quoi il s'agit réellement afin de pouvoir nous tourner vers autre chose.
QU'EST-CE DONC QUE LA PEUR?
Peur, n.f. : Phénomène psychologique à caractère affectif marqué, qui accompagne la prise de conscience d'un danger réel ou imaginé, d'une menace.
Quoique l'imprécision des dictionnaires ne cesse de m'étonner lorsqu'ils utilisent des termes vagues tels que "phénomène psychologique à caractère affectif marqué", il est intéressant de noter que la peur naît de la prise de conscience d'un danger réel… ou imaginé. Cette information, à elle seule, nous indique clairement que si nous ne sommes pas en face d'un lion affamé en liberté, à bout portant d'une arme ou en chute libre vers le sol, il y a de fortes chances que notre peur ne soit que pure imagination. En effet, notre mécanique interne - ne sachant que rarement quoi faire d'elle-même - se plaît à imaginer toutes sortes de scénarios invraisemblables, et ce, normalement à notre insu. Il va donc s'en dire que la majeure partie de ces peurs et angoisses, qui nous assaillent de toute part, est imaginaire. De la cellule terroriste dormante au météorite potentiel en passant par le taux de chômage, aucune de ces informations ne devrait susciter les craintes qui leur sont habituellement associées. Ne dit-on pas que le secret est de vivre dans le moment présent?
LA PEUR DE L'INCONNU VERSUS LA PEUR DU CONNU
La peur de l'inconnu. Y a-t-il un sens à cette affirmation courante? Comment avoir peur de ce que nous ne connaissons pas? Est-il possible que toutes nos craintes, réelles ou imaginaires, soient en relation avec quelque chose que nous ne pouvons ni définir, ni pointer du doigt? L'expérience semble nous prouver le contraire et Krisnamurti est d'ailleurs catégorique à cet égard : toute peur ne peut être en relation qu'avec le connu. En effet, nous avouons souvent avoir peur de la mort, mais en réalité c'est bien de ne plus avoir l'existence que nous expérimentons présentement qui nous effraie. Lorsque nous craignons la maladie, connaissant la souffrance physique, nous ne voulons pas perdre notre état actuel de santé. En réalité, toute peur n'est que le résultat de notre identification avec ce qui nous est connu et elle naît de notre désir de demeurer dans un certain "pattern" d'existence. Toute déviation à ce schème est génératrice d'angoisse. La question se pose alors : désirons-nous réellement conserver ces schèmes? Voulons-nous véritablement demeurer dans l'identification sachant qu'elle entretient ces liens de peur qui nous unissent constamment à tout? Peut-il en être autrement?
VERS UNE POSSIBILITÉ D'AMOUR
Sachant que la peur n'est qu'en relation avec le connu et l'identification à celui-ci, ne serait-il pas intéressant d'envisager un monde autrement? Un monde d'inconnu, c'est-à-dire de constante nouveauté, de constant émerveillement? Vivre dans le moment présent et faire de chaque instant quelque chose de nouveau, à la fois intriguant et fascinant. Partir à la découverte de maintenant, et ce, sans relâche. L'Amour, avec un grand A, n'est d'aucune façon relié à ce que nous appelons habituellement, à tort, l'amour, cette sentimentalité temporaire et changeante. L'Amour, en tant que force de cohésion du grand Tout, ne saurait être autre que l'absence de la peur. C'est donc, paradoxalement, à la fois un détachement, à la fois une acceptation chaleureuse de tout. Accueillir chaque instant, à bras ouverts, tout en réalisant la précision et la perfection des plus petits tressaillements de l'Univers. C'est avec la candeur et la curiosité d'un enfant qu'il nous faut revoir notre approche face à la vie elle-même. Rien de ce monde n'est éternel, du moins, rien de ce que nos yeux peuvent voir, alors abandonnons cette illusoire idée de constance. L'équilibre est dans le mouvement, non dans le statique. Il n'y a qu'à regarder le mouvement des galaxies et celui d'un atome pour s'en convaincre. Tenter de retenir l'enivrante danse des flots énergétiques, de quelque façon que ce soit, est peine perdue. Naviguons sur ces flots, laissons-les nous conduire là où ils le veulent bien et apprenons d'eux. La vie est à découvrir, à aimer et non à mettre sous un vase pour la conserver. Osons la nouveauté, osons laisser de côté nos anciens schèmes de pensée limitatifs et ouvrons-nous à une nouvelle réalité : celle avec laquelle nous découvrirons une connivence intime.