Le film Le Secret ne fait pas tout à fait fausse route en insistant sur le fait que nos pensées « créent notre réalité ». Mais, ce « secret », si gentiment dévoilé aux masses à coup de bruyantes publicités soutenues par une puissance de marketing digne d’Harry Potter, est à la fois porteur d’un réel message et à la fois le véhicule d’une propagande matérialiste cousue de fil blanc.

 

Le diable est dans les détails

Pour un message qui se veut spirituel, Le Secret redirige constamment les éléments de notre bonheur vers des biens matériels tels que la voiture, la maison, la bicyclette, le collier de nos rêves ou encore trois femmes par jour! De plus, il nous parle sans cesse de l’argent, de ces billets de banque que nous pourrions obtenir et de notre pouvoir d’achat. À travers des mots comme joie, amour, gratitude et bonheur, ce film ne cesse de nous rappeler que nous trouverons ceux-ci par le biais de la consommation, et ce, tout en utilisant une bonne dose d’égocentrisme. A-t-il seulement été une fois question dans tout le film d’apporter aide et amour à autrui? Non, et ce, sous la rhétorique que « nous sommes seuls à pouvoir nous apporter le bonheur ». C’est donc du chacun-pour-soi : en visualisant nos plaisirs égocentriques et matérialistes nous atteindrons le bonheur. « Le diamant dans mon nombril », s’est exclamée mon amoureuse (et amourée) après le visionnement de ce film.

 

La propagande de la « pensée positive »

En plus de détourner la potentielle portée spirituelle de son message, Le Secret promulgue une vision des choses à la « think pink » en stipulant qu’il ne faut pas penser à des choses telles que la guerre, la famine, la pauvreté car nous les attirerions dans notre réalité. Il faut savoir faire la différence entre se borner à ne voir que ce que l’on veut du monde et voir le monde tel qu’il est tout en aspirant à l’améliorer. Il y a guerres, il y a famines, il y a massacres, il y a bombes atomiques et il y a torture. Ne voir qu’un seul côté de la réalité revient à nier une partie de celle-ci, et n’en avoir qu’une vue partielle est loin d’être une attitude honorable face à la création. Le monde qui nous entoure, à plus juste titre la création, possède plusieurs facettes, et n’en rejeter qu’une seule revient à rejeter la création en entier. Où il y a lumière, il y a forcément ombre. De plus, à un moment dans le film, on va même jusqu’à dire insidieusement qu’il est bien de se renseigner, mais pas trop! Autrement dit, ne prendre qu’en surface ce que disent les actualités et ne pas chercher plus loin. «Restez dans votre petite bulle de pensées positives et axez celles-ci vers des buts matérialistes de consommation, pensez à l’argent et laissez tomber le fait de vous renseigner, de faire vos propres recherches avec circonspection, et ne pensez surtout pas aux guerres… (nous nous en chargeons pour vous) », pourrait résumer une bonne partie de ce film de propagande.

 

Mais il n’y a pas que du mauvais

Quoique mon point de vue puisse sembler uniquement négatif à l’égard du « secret », ce n’est pas tout à fait juste, car il est impératif de comprendre que nos pensées ont une portée qui dépasse ce qu’on en conçoit habituellement. En effet, comme il est possible de s’en rendre compte par des études telles que Le Projet de Conscience Globale, nos pensées et nos émotions ont une réelle influence sur notre environnement et, encore plus important, sur notre propre vie et celle des autres. L’effet placebo, la psychologie, la PNL, les Enseignements Traditionnels, etc. sont autant d’exemples nous prouvant que cette réalité existe et qu’elle est sérieusement prise en compte dans bon nombre de champs scientifiques. La mécanique quantique, avec son fameux «point de vue de l’observateur », n’en fait pas exception. Dans le film, le « miraculé » que les médecins avaient condamné et qui s’est remis d’un accident d’avion ou encore la dame qui s’est elle- même guérie de son cancer du sein sont d’excellents exemples de la puissance des pensées et de la volonté. Ce message, à lui seul, est d’une valeur inestimable. Seulement, comme tout bon best-seller onéreusement moussé, c’est un sandwich : une bonne couche de vérité bien juteuse servie entre deux épaisses tranches de pain germé aux mensonges.

 

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